« Construire plus » et « bétonner moins » : la réponse dort dans nos pavillons
On s’apprête à voter une loi pour construire 2 millions de logements.
Une autre, déjà en vigueur, nous demande de cesser d’étaler la ville.
Les deux ont raison.
Le projet de loi « Relance logement » arrive au Sénat ce mois-ci. L’objectif affiché par le gouvernement : 400 000 logements par an, 2 millions d’ici 2030, « pour tous ».
L’intention est juste. Un sondage récent indique que 98 % des maires franciliens jugent qu’il est devenu difficile de se loger dans leur propre commune.
Mais une question reste suspendue.
Construire 2 millions de logements… où ?
Car le « zéro artificialisation » n’est plus un slogan : la trajectoire est inscrite dans la loi, et 2026 en marque l’application concrète. Or le pavillon individuel est, de l’aveu des analyses publiques, l’une des formes qui consomme le plus de sol par logement.
Plus de logements. Moins de terres grignotées.
Ça ressemble à une contradiction.
Sauf qu’une partie de la réponse existe déjà. Elle est bâtie. Habitée à moitié.
Des centaines de milliers de pavillons d’après-guerre, où une ou deux personnes occupent 100 m² pensés pour une famille entière.
Pas besoin de couler une dalle dans un champ pour créer un logement.
Parfois, il suffit de rouvrir une maison qui en contient déjà deux.
Un étage qui devient un appartement. Un rez-de-chaussée qui accueille un jeune ménage. Une parcelle qui se partage.
Le « choc d’offre » qu’on cherche est peut-être moins dans le neuf que dans ce qu’on a oublié de regarder.
Et si le foncier le plus précieux d’Île-de-France était celui qu’on croit déjà plein ?