Le neuf cale, trois millions de logements dorment
En avril, la France a délivré près de 30 % de permis de construire en moins qu'un mois plus tôt. Les chantiers de logements collectifs : −17 %.
La machine à construire cale. Foncier hors de prix, taux de crédit qui repartent, normes : produire un logement neuf n'a jamais coûté aussi cher.
Pendant ce temps, l'INSEE compte 3 millions de logements vacants. 7,7 % du parc.
Faisons le calcul simplement.
Produire un logement neuf, c'est : du foncier à acheter, des routes, des réseaux, des écoles à raccorder, des années de procédure — et une facture carbone énorme, car l'essentiel des émissions d'un bâtiment vient de sa construction.
Remettre en service un logement qui existe déjà, c'est : des murs déjà debout, déjà raccordés, déjà au cœur de la ville. Le foncier ? Gratuit. Il est déjà construit.
À l'euro près, ce n'est pas le même monde.
On se bat pour sortir de terre quelques centaines de milliers de logements par an, loin des besoins — pendant qu'on laisse dormir un parc équivalent à plusieurs années de production.
La vraie question n'est pas seulement « comment construire plus ».
C'est « comment arrêter de gaspiller ce qu'on a déjà ».
L'économie du logement de demain se jouera autant dans la remise en service que dans la truelle.
C'est là que je travaille. J'en reparle vite.