Arrêtons de dire « densifier » : intensifier l’usage du pavillon
Arrêtons de dire « densifier ».
Le bon mot, c’est « intensifier l’usage ». Et ça change tout au débat sur le pavillon.
Densifier, c’est ajouter du béton, des étages, de la masse. C’est ce qui inquiète, à juste titre, dans nos rues pavillonnaires.
Intensifier l’usage, c’est l’inverse : réemployer un volume qui existe déjà.
Un exemple. Une maison de 110 m². Une seule personne qui y vit. Et, à deux rues de là, un jeune couple qui renonce à devenir propriétaire.
Ces deux histoires se croisent partout en Île-de-France. Sans jamais se rencontrer.
Cette maison devenue trop grande peut redevenir deux foyers. Sans couler une dalle de plus. Sans toucher à la façade. Sans rien changer de visible depuis la rue.
Ce mois-ci, l’État a publié une feuille de route sur l’avenir du parc pavillonnaire (DHUP). Le chiffre qui m’a arrêté : les maisons individuelles, c’est 55 % du parc de logements français. Un gisement de logements déjà construits, déjà desservis, déjà habités.
80 % de la ville de 2050 est déjà construite.
La vraie question n’est donc pas « où construire encore plus loin ? ». C’est « comment habiter mieux ce qui est déjà là ? ».
Le senior reste chez lui, dans son quartier. Un autre ménage trouve enfin un toit. Et pas un mètre carré de terre n’est artificialisé.
Le cadre juridique, lui, bouge déjà dans le bon sens. Ce qui manque, ce n’est pas une loi de plus. C’est de réussir à se mettre d’accord — avec le voisin, avec la commune, avec le paysage.
Et vous, dans votre rue, combien de maisons sont devenues trop grandes pour ceux qui les habitent ?