Indivision : la loi qui peut réveiller des milliers de pavillons
Il y a un pavillon, quelque part en banlieue parisienne. Quatre pièces, un jardin en pente, un cerisier au milieu.
Pendant cinquante ans, il y a eu du bruit dans cette maison. Des cris d’enfants, des disputes du dimanche soir, des odeurs de blanquette, un peu de moisi dans la cave.
Et puis un jour, plus personne.
La propriétaire est partie en maison de retraite, puis elle est morte. Trois enfants ont hérité. Une fille à Toulouse qui voulait vendre. Un fils en Bretagne qui hésitait. Un deuxième fils à dix kilomètres, qui a dit non.
C’est tout. Un seul non, et la maison s’est arrêtée.
Pendant ce temps, les saisons sont passées. Le cerisier a fait des fruits que personne n’a ramassés. Le toit a laissé passer un peu d’eau. À 800 mètres, une famille avec deux enfants a continué à chercher un logement plus grand. Les voisins ont fini par ne plus regarder de ce côté de la rue.
Il y en a des dizaines de milliers comme ça en France.
Et puis le 7 avril dernier, une loi est passée. Pas dans les grands titres. Désormais, deux tiers des héritiers suffisent pour engager la vente. L’héritier silencieux est présumé d’accord. Le juge peut trancher quand il y a urgence.
Je ne dis pas que ça va tout débloquer. Mais peut-être qu’avant la fin de l’année, dans une rue qu’on a fini par éviter, des volets vont se rouvrir. Une famille va y entrer. Le cerisier sera taillé.
C’est peut-être la chose la plus tranquillement utile que le Parlement ait votée cette année.